9 Janvier 14:mobilisation des infirmières scolaires !

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Paris le 13 décembre 2013

Chère collègue,

La  mobilisation massive des infirmières de l’Education nationale le 23 novembre 2012 avait permis de stopper les projets bien réels (rapport Pinville et contribution SNMSU) menaçant directement le maintien des infirmières dans la structuration propre à l’Education nationale. Rappelez-vous, Vincent Peillon refusait de se prononcer pendant des mois sur l’avenir de la santé à l’Ecole alors que d’autres préconisaient la création d’un corps interministériel.

Après avoir lu le message de Vincent Peillon à la profession au lendemain de la manifestation, nous repartions confiants pour envisager les négociations sur les missions qui devaient débuter début 2013.
Nous nous attendions alors à voir s’engager un véritable dialogue sur la base des missions de 2001 revisitées sans que soit remise en cause une orientation de la santé à l’Ecole  assurant un avenir à notre profession dans le système éducatif.

Dès le début de l’année 2013, Monsieur Mancel  nous  faisait part des blocages réels qui persistaient au niveau du directeur de cabinet de Vincent Peillon pour engager, comme prévu, ce travail sur nos missions alors que la loi de refondation de l’Ecole n’était pas encore votée.

Prenant notre «  bâton de pellerin », le SNICS rencontre parallèlement  au printemps les sénateurs pour intégrer dans cette loi de l’Ecole, des éléments importants assurant le maintien de l’élaboration de la politique  de la santé à l’école par le Ministre. Le projet initial lui laissait la simple mise en œuvre d’une politique décidée..ailleurs (ministère de la santé)!

Les  audiences menées par M-P Mancel  jusqu’à l’été  laissaient entrevoir une capacité d’un dialogue constructif. Il exprimait en effet une volonté de clarifier surtout les missions des médecins, le maintien des visites de 6 ans et de classes de 3ème pour les machines dangereuses ainsi que les PAI. Quant au rôle des infirmières, il le définissait comme « pivot » de la santé à l’école  dans le parcours santé de l’élève sans préciser la place accordée aux missions d’accueil et d’écoute et aux activités de dépistages. S’il ne refusait pas de réfléchir à nos propositions confortant la structuration de la profession aux différents niveaux institutionnels de la « vie scolaire », il ne s’engageait cependant pas véritablement….

La confiance est sérieusement entamée quand nous apprenons au milieu du mois de juillet le vote par la majorité gouvernementale d’un amendement à l’assemblée nationale, préconisant le transfert de compétences de la « santé scolaire » aux collectivités territoriales !
Injoignable pendant tout l’été, le conseiller de Vincent Peillon nous assure que l’amendement va être modifié et que, de toute façon, la loi de décentralisation ne sera votée qu’après les élections municipales. Il nous assure, en outre, qu’il n’était pas au courant ( ?!) ce qui nous laisse perplexe…. L’amendement est finalement modifié mais  ce projet de loi reste modifiable tant qu’il n’est pas voté définitivement.
Or depuis, nous voyons fleurir ici ou là de la part de députés de la majorité des propositions de transfert de la santé scolaire….

Dans le même temps, le résultat de la consultation de la profession, que le SNICS a menée pendant le printemps, conforte notre engagement à défendre la place de l’infirmière au sein d’une équipe éducative et pédagogique et confirme le rôle primordial de l’accueil et l’écoute des élèves à l’infirmerie.
Si nous en doutions, cette consultation révèle une fois encore  la responsabilité de notre organisation syndicale à organiser l’action si possible unitaire mais, si besoin le SNICS seul, pour défendre jusqu’au bout le cœur de notre métier, c’est-à-dire, des missions au service des élèves et des équipes éducatives et pédagogiques.

Lors de la dernière audience au cabinet en présence des 2 syndicats infirmiers, M-P Mancel n’a absolument pas tranché sur la structuration au niveau national et au niveau académique alors que selon l’organisation du pilotage et de la gouvernance, les missions peuvent être tournées vers la santé publique ou la santé à l’Ecole. Il propose une sous-direction médico-sociale et ne se prononce pas sur la demande du SNICS de l’intégrer à la sous-direction « vie scolaire » ?!).

Il faut le dire, derrière ces discussions continuent à  se cacher invariablement les deux conceptions de la santé des élèves. L’option santé publique (conforme au parcours de santé de l’élève préconisé par le SNMSU/UNSA) conduirait inévitablement à marginaliser la place de l’infirmière dans le second degré avec pour conséquence la marginalisation du rôle propre et  le renoncement à construire une véritable spécialité de la profession dans l’Education nationale.

Chacun(e) d’entre nous doit faire le lien entre les négociations sur nos missions que M-P Mancel veut clore rapidement et le chantier sur les métiers médico-sociaux qui débutent mi-février sous la direction du conseiller social Bernard Lejeune. Un exemple, si  la structuration de la profession se détache de la vie scolaire et si nos missions sont subordonnées à une organisation de type santé publique (niveau opérationnel académique et territorial, en collaboration avec les ARS ), le temps de travail organisé en fonction de la seule présence des élèves sera inévitablement revisité. Autre exemple si les missions sont définies essentiellement à partir d’un parcours de santé tout au long de la scolarité, quelle raison justifierait-il le maintien de l’implantation des postes  dans le second degré ? (quelle conséquence sur le droit  à mutation ?)

M-P Mancel peut dire ce qu’il veut, à ce jour, le maintien de la hiérarchie administrative du chef d’établissement restera  conditionnée  à la nature des missions des infirmières et donc à ce qui restera de leur temps de présence dans les établissements.

Nous considérons au SNICS que nous n’avons pas en l’état actuel les garanties d’un avenir serein pour la profession infirmière à l’Education nationale.
C’est bien la mobilisation importante des infirmières qui l’année dernière à stopper les projets de modification profonde de l’organisation de la santé à l’Ecole.
Depuis, la profession nous a demandé de veiller à défendre ses intérêts au moyen de toutes formes d’action nécessaire pour gagner cet avenir dans les futurs textes!

Alors oui, la nouvelle mobilisation des infirmières le 9 janvier 2014 à Paris demeure indispensable pour faire pression sur le stylo de Vincent Peillon afin qu’il écrive une nouvelle page de l’histoire des infirmières au service réellement de la réussite scolaire de tous les élèves et des étudiants et ce avant l’ouverture du chantier métier mi-février qui doit traduire en termes statutaires l’évolution de nos missions!
Nous comptons sur l’intervention de la profession comme se fût le cas à chaque étape de son histoire  pour construire son avenir à  l’Education nationale.
Alors rendez-vous le 9 janvier à Paris !
Béatrice Gaultier

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